Traitement des gencives

Traitement des gencives

Qu’est-ce que la gencive?

La gencive est un tissu mou qui recouvre l’os de la mâchoire et qui entoure la couronne (partie visible) des dents.

Un de ses rôles est de soutenir et maintenir les dents en place dans la mâchoire.

Il existe deux catégories de gencive : la gencive attachée (collée à l’os alvéolaire et aux dents) et la gencive muqueuse (qui se trouve ailleurs dans la bouche). Nous discuterons ici principalement de la gencive attachée.

Une gencive en santé présente les caractéristiques suivantes :

  • elle est de couleur rose, elle est ferme, a l’aspect d’une pelure d’orange et adhère complètement aux dents;
  • elle a un volume suffisant pour supporter les dents adéquatement;
  • elle ne présente aucun signe d’inflammation (rougeur ou enflure);
  • elle ne saigne pas lors d’un brossage de dents bien effectué ou lors de l’utilisation de la soie dentaire;
  • elle recouvre la dent de sorte que la racine n’est pas visible sans toutefois déborder sur la dent.

Qu’est-ce que le parodonte?

Le parodonte, parfois appelé périodonte (de l’anglais « periodontium »), est constitué des tissus qui soutiennent les dents, incluant :

  • la gencive (18, 19, 20, 21) ;
  • l’os alvéolaire (23) : partie de l’os de la mâchoire dans lequel les dents sont implantées;
  • le cément (7) : couche protectrice qui recouvre la racine des dents dans l’os alvéolaire;
  • le ligament parodontal (22) : tissu qui entoure la racine des dents et qui est situé entre le cément et l’os alvéolaire;
  • des éléments nerveux et des vaisseaux sanguins à proximité de la dent.

Un parodonte en santé permet de protéger et d’entourer adéquatement les dents. Lorsque le parodonte est affecté, il ne peut pas remplir son rôle protecteur. Les racines des dents peuvent alors être exposées et devenir instables et plus vulnérables aux infections. Dans les cas les plus graves, un parodonte en mauvaise santé peut mener à la perte de dents.

Maladies gingivales

Selon l’Association dentaire canadienne, les maladies de gencive constituent le problème dentaire le plus répandu. Leur développement peut se faire de façon sournoise sans que la personne affectée en soit consciente, soit par la lenteur de la progression de la maladie ou par l’absence de symptômes et de douleur au début de la maladie.

La bonne nouvelle est que les maladies gingivales, bien qu’elles puissent causer des dommages importants, peuvent très souvent être prévenues ou traitées lorsqu’elles sont détectées à un stade précoce. Cependant, lorsque la maladie est trop avancée, elle peut entraîner la perte de dents.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs doivent être considérés afin de déterminer la probabilité qu’une personne développe une maladie gingivale. Voici les plus importants :

  • hygiène buccodentaire déficiente;
  • maladies qui affaiblissent le système immunitaire (VIH/SIDA, leucémie);
  • système immunitaire affaibli par un stress important;
  • diabète, surtout s’il n’est pas contrôlé adéquatement;
  • changements hormonaux provoqués par la grossesse et la ménopause (pouvant influencer l’aspect des gencives);
  • prise de certains médicaments qui engendrent des effets secondaires agissant au niveau des gencives;
  • tabagisme.

Qu’est-ce qui contribue à l’apparition des maladies de gencive?

De nombreuses bactéries sont présentes dans la bouche.  Ces bactéries produisent des acides lorsqu’elles digèrent le sucre provenant des débris alimentaires.  Ces acides, mêlés à des protéines salivaires et à des particules d’aliments, créent un biofilm (pellicule visqueuse) qui se dépose sur les dents et les structures avoisinantes. Si ce biofilm n’est pas enlevé rapidement par un brossage dentaire adéquat, il devient de la plaque dentaire et peut se transformer en tartre lorsque la plaque se minéralise (durcit). Il est à noter que le tartre ne peut pas être enlevé par un brossage de dents ni par la soie dentaire; seul un détartrage professionnel peut le déloger.

La plaque dentaire et le tartre peuvent non seulement causer des caries dentaires, mais aussi des dommages aux gencives.

La gingivite

La gingivite est une maladie très répandue qui est causée par l’accumulation de plaque et de tartre sur les dents, ce qui provoque l’inflammation de la gencive.

Elle atteint aussi bien les adultes que les enfants et les adolescents.

Les symptômes de la gingivite sont très faciles à détecter :

  • les gencives se gonflent, deviennent rouges et ont un aspect lisse ou brillant;
  • les gencives saignent lors du brossage de dents, lors de l’utilisation de la soie dentaire ou encore spontanément sans raison apparente;
  • l’apparition de poches parodontales (espaces entre la gencive et les dents) est également possible dans certains cas;
  • on note une mauvaise haleine (halitose) persistante, même après le brossage des dents.

La gingivite est le premier stade (le moins grave) de la maladie parodontale. D’ailleurs, aucun signe de la maladie n’est visible sur une radiographie dentaire, ce qui indique que les structures qui supportent les dents ne sont pas atteintes. Le patient ne se plaint habituellement pas de douleur lors d’une gingivite, mais il peut arriver qu’une douleur apparaisse lorsque l’inflammation des gencives se manifeste.

La bonne nouvelle au sujet de la gingivite est qu’elle est facilement traitable et prévenue lorsque des améliorations sont apportées à l’hygiène buccodentaire. On peut ainsi dire que la gingivite est réversible et ne dégénère pas si elle est traitée tôt.

Si vous voyez apparaître des signes de gingivite, il est très important de continuer à vous brosser les dents convenablement et à passer la soie dentaire, même en présence de saignements des gencives.

Principaux types de gingivites

  • Gingivite simple ou chronique : C’est la gingivite la plus répandue. Elle est causée par la plaque dentaire et le tartre et peut être prévenue en adoptant de saines habitudes buccodentaires. Les principaux symptômes sont une gencive enflée, rouge, lisse et qui saigne facilement; la douleur est presque toujours inexistante.
  • Gingivite ulcéro-nécrotique : Elle est souvent présente chez les personnes dont le système immunitaire est déficient, soit par une maladie ou un stress important. La conséquence la plus grave de ce genre de gingivite, causée par des bactéries très agressives, est la destruction de la gencive, ce qui provoque l’apparition d’espace entre les dents et la gencive. Les symptômes sont similaires à ceux de la gingivite chronique mais sont additionnés d’une douleur aiguë et de saignements plus abondants.
  • Gingivite hypertrophique (hyperplasique): Elle est principalement causée par les effets secondaires de certains médicaments. Elle se distingue des deux autres types de gingivite par l’enflure plus importante des gencives; parfois, elles peuvent recouvrir les dents, ce qui pose un obstacle supplémentaire à leur nettoyage. Dans le cas de la gingivite hyperplasique, la texture et la teinte de la gencive sont normales, mais la gencive est très fibreuse.

La parodontite

La parodontite est une gingivite qui n’a pas été traitée ou qui a été détectée à un stade tardif. Elle atteint donc le parodonte (tissus qui soutiennent les dents). Elle représente le stade le plus avancé de la maladie des gencives et elle est grave car les dégâts qu’elle cause sont irréversibles. Le résultat le plus probant est la chute des dents entourées du parodonte atteint par la maladie.

Les dommages de la parodontite sont associés aux poches parodontales qui se forment près des dents où le tartre s’est accumulé. Avec le temps, les bactéries présentes dans ces poches détruisent le parodonte, et plus particulièrement, le ligament parodontal et l’os alvéolaire. Ce faisant, les dents se déchausseront peu à peu, ce qui pourrait les faire paraître plus longues.

Les dents deviendront ensuite mobiles et tomberont éventuellement si aucune intervention par un professionnel de la santé dentaire n’est effectuée. La mobilité d’une ou plusieurs dents est ce qui amène habituellement un patient à consulter son dentiste plutôt que la douleur qui n’est généralement pas présente à ce stade de la maladie.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition de la parodontite :

  • la quantité et le type de bactéries se trouvant dans les poches parodontales;
  • la présence de certaines maladies qui influencent l’efficacité du système immunitaire du patient et sa capacité à combattre l’infection bactérienne qui s’est installée;
  • la génétique;
  • le tabagisme;
  • le diabète.

Évolution de la gingivite en parodontite

Tel qu’il a été mentionné ci-dessus, la parodontite est une gingivite qui n’a pas été traitée correctement. La gingivite n’occasionne habituellement pas de douleur et elle peut évoluer très lentement, c’est-à-dire sur plusieurs années, avant d’atteindre le stade de la parodontite. Il est donc important de rester à l’affût des signes de la gingivite afin de la traiter à la source ou stopper son évolution avant qu’elle ne dégénère en parodontite, car il est souvent trop tard pour intercepter la parodontite avant que des dommages irréversibles se produisent. Heureusement, ce ne sont pas toutes les gingivites qui se transforment en maladie parodontale plus sévère, mais tout signe de gingivite devrait tout de même être pris au sérieux.

La figure ci-dessous montre l’évolution typique d’une maladie parodontale jusqu’à la parodontite. En comparant la première image à gauche et celle complètement à droite, il est facile de voir qu’une destruction osseuse s’est produite. Durant la phase terminale, la dent affectée est vouée à tomber, car elle n’est plus soutenue par une quantité suffisante de parodonte, soit d’os alvéolaire, de ligament parodontal et de gencive.

Mesures préventives

La gingivite et la parodontite peuvent se prévenir par des moyens simples :

  • IMPORTANT : contrairement à ce que la plupart des gens pensent, il faut passer la soie dentaire AVANT de se brosser les dents, car lorsque la soie dentaire sort de l’espace interdentaire, elle risque de propulser des débris de nourriture et des bactéries sur les dents.
  • Brossage de dents : il doit s’effectuer au moins deux fois par jour, idéalement après les repas, mais surtout avant de se coucher le soir afin d’enlever la pellicule créée par les bactéries avec les dépôts alimentaires accumulés durant la journée.
  • Soie dentaire : la soie dentaire, lorsqu’elle est passée correctement une fois par jour, idéalement au coucher, permet de déloger des débris alimentaires et des bactéries qui se trouvent entre les dents, des endroits difficilement atteignables par la brosse à dents.
  • Visites régulières chez le dentiste : une visite annuelle est essentielle et parfois, une fréquence plus rapide peut être recommandée pour les individus dont les gencives et les dents posent des défis particuliers.
    • Durant cette visite de contrôle, un examen clinique est effectué afin d’évaluer la qualité des dents et des gencives. Des radiographies sont également prises pour permettre au dentiste d’obtenir des informations supplémentaires sur les dents et les structures avoisinantes qui ne sont pas visibles à l’œil nu.
    • Si du tartre s’est accumulé sur les dents, un détartrage professionnel est effectué. Pour éviter qu’il ne revienne trop rapidement, des conseils peuvent être prodigués par l’hygiéniste ou le dentiste.
    • Il est important pour les femmes enceintes de faire examiner leur bouche par un professionnel de la santé dentaire au moins une fois durant la grossesse, préférablement durant le deuxième trimestre. Une femme qui présente une maladie gingivale à cette période de sa vie court beaucoup plus de risques de donner naissance à un bébé prématuré ou de faible poids.
  • Arrêt du tabagisme : fumer augmente considérablement le risque de développer des maladies parodontales. Un fumeur a donc tout intérêt à arrêter de fumer s’il veut garder ses dents longtemps et ses gencives en santé.

La récession gingivale

Lorsqu’il manque une quantité importante de gencive attachée autour d’une ou de plusieurs dents, la survie de ces dents est en péril. Cette condition est la récession gingivale, aussi appelée déchaussement dentaire. La récession gingivale peut causer, dans les cas les plus sévères, la perte de dents si le niveau de gencive attachée est inadéquat et qu’une trop grande partie de la racine dentaire est exposée.

La récession gingivale peut se produire à la suite d’une maladie de gencive ou d’un traitement orthodontique. Dans de nombreux autres cas, elle peut être causée par un brossage de dents inadéquat (trop vigoureux ou utilisant une mauvaise technique). Il faut toujours se brosser les dents en faisant des mouvements qui partent de la gencive et qui vont vers chaque dent.

Dans l’exemple ci-contre, le déchaussement dentaire est sévère. En effet, une partie de la racine de la majorité des dents est visible, les faisant paraître beaucoup plus longues que la normale, et la quantité de gencive pour les supporter est maintenant insuffisante. Si rien n’est fait pour améliorer la situation, cette personne risque de perdre les dents qui sont les plus touchées par le déchaussement.

Interventions chirurgicales aux gencives

La greffe gingivale

Une greffe gingivale peut être effectuée pour rétablir une quantité suffisante de gencive autour des dents ou autour des racines de dents dénudées par le déchaussement. Les professionnels de la santé dentaire qui sont qualifiés pour ce type de greffe sont les dentistes généralistes (pour les cas simples) et les parodontistes (pour les cas plus complexes).

Plusieurs techniques sont utilisées pour effectuer les greffes de gencive :

  • Greffe autogène libre : C’est la technique la plus ancienne de greffe gingivale. Elle consiste à prélever le greffon à partir du palais du patient et à venir l’installer au niveau de la gencive affectée par le déchaussement. Le résultat de cette méthode est moins esthétique que celui obtenu avec d’autres méthodes. Il n’est également pas recommandé d’utiliser ce type de greffe dans le cas où les racines dentaires doivent être recouvertes car cette technique arrête seulement la progression du déchaussement dentaire de façon minimale. Par contre, l’avantage de cette technique est l’absence de risque de rejet du greffon, car ce dernier est prélevé dans la bouche même du patient.
  • Greffe de tissu conjonctif (greffe de recouvrement de racine par tissu conjonctif) : C’est une technique relativement récente et polyvalente. Le tissu conjonctif est prélevé sous la gencive superficielle du palais du patient et il est inséré sous la gencive adjacente aux dents qui sont affectées par le déchaussement. Ses principaux avantages sont les résultats très esthétiques obtenus, ainsi que la possibilité de couvrir à nouveau les racines dentaires affectées par la récession gingivale. Avec ce type de greffe, le patient ne peut pas rejeter le greffon car il provient de tissu prélevé dans sa bouche.
  • Greffe de recouvrement par tissu allogène (allogreffe) : Ce type de greffe est relativement récent. Un greffon d’un donneur externe, qui a été traité et qui est très sécuritaire, est implanté au niveau de la gencive d’un autre patient. Le principal avantage d’une allogreffe est qu’il n’y a qu’un seul site chirurgical, car le greffon n’est pas prélevé du palais du patient. Elle donne également des résultats aussi esthétiques que la greffe de tissu conjonctif. Cependant, il y a un faible risque de rejet du greffon.

Le taux de succès des greffes de gencive est très élevé.  Les effets bénéfiques de ces greffes perdurent pendant de nombreuses années bien qu’un peu moins longtemps chez les fumeurs.

La gingivectomie

La gingivectomie est une procédure chirurgicale qui consiste à enlever une partie de la gencive. Elle est effectuée sous anesthésie locale et n’entraîne habituellement pas de complications.

De récentes techniques permettent de faire des gingivectomies mineures à l’aide d’un laser à tissus mous, ce qui occasionne encore moins d’inconfort et de complications post-opératoires pour le patient.

Il existe trois applications principales à la gingivectomie :

  • Application esthétique : La gingivectomie permet d’enlever une partie de la gencive autour d’une ou de plusieurs dents afin d’harmoniser la forme de la gencive et d’améliorer l’aspect du sourire.
  • Traitement de l’hyperplasie gingivale : Quand la gencive prend du volume de façon inhabituelle au point où une partie ou la totalité d’une couronne dentaire est cachée, une gingivectomie est recommandée afin de déloger la gencive en excès. Si la situation reste telle quelle, le patient s’expose à un risque élevé de développer une parodontite. L’excroissance de la gencive peut être due entre autres à la prise de médicaments reconnus pour générer un surplus de gencive comme ceux contre l’épilepsie et l’hypertension.
  • Traitement parodontal : Dans le cadre d’un traitement parodontal, la gingivectomie consiste à couper un surplus de gencive non attachée à une dent afin de pouvoir aller nettoyer une poche parodontale qui peut s’être formée lors d’une maladie gingivale. Cette procédure de nettoyage est aussi connue sous le nom de curetage parodontal.

La gingivoplastie

La gingivoplastie est une intervention chirurgicale mineure ayant pour but de remodeler le contour de la gencive. Elle permet de rendre un sourire plus attrayant et harmonieux et de compléter une gingivectomie qui, à elle seule, ne donnerait pas des résultats optimaux.

La procédure est habituellement effectuée par les mêmes professionnels de la santé dentaire que ceux qui font des gingivectomies, soit les dentistes généralistes et les parodontistes. Une anesthésie locale est nécessaire pour effectuer une gingivoplastie et un laser à tissus mous peut être utilisé. Les complications sont rares et les inconforts post-opératoires sont minimes.

La gingivoplastie est surtout utilisée dans le cadre d’un traitement orthodontique afin de finaliser l’esthétisme du sourire. En effet, en déplaçant des dents ayant des couronnes de différentes longueurs, il se peut que la ligne du sourire ne soit pas optimale à cause de la gencive qui contourne les dents de façon irrégulière.

Un professionnel de la santé dentaire peut également faire appel à la gingivoplastie dans le cadre d’un traitement de maladie de gencive. Dans ce cas, elle permet de redonner à la gencive une forme normale après avoir traité l’os alvéolaire déformé, endommagé ou nécrosé.

Instructions pré-opératoires et post-opératoires

Les instructions présentées ci-dessous s’appliquent principalement à la greffe de gencive, étant donné que la gingivectomie et la gingivoplastie ne sont pas des chirurgies qui entraînent beaucoup de complications post-opératoires.

Toutefois, il est important de suivre les indications pré-opératoires et post-opératoires de votre dentiste généraliste ou de votre chirurgien pour toute intervention chirurgicale aux gencives.

Avant la chirurgie

Médication

  • Dans certaines conditions, le chirurgien peut vous prescrire des antibiotiques à prendre avant la chirurgie afin de minimiser les risques d’infection post-opératoire. Il est primordial de les prendre tels qu’ils ont été prescrits.
  • Dans la mesure où le chirurgien connaît la liste des médicaments que vous prenez et qu’aucun d’entre eux ne pose problème pour la chirurgie, vous devez les prendre à l’heure habituelle le jour de votre chirurgie. Apportez avec vous la liste des médicaments que vous aurez pris dans les 24 dernières heures afin d’en informer votre chirurgien.
  • Si vous prenez des médicaments comme l’aspirine, des produits contenant de l’aspirine ou de la vitamine E, ainsi que des anticoagulants, il est important d’en avertir votre chirurgien avant votre chirurgie afin qu’il détermine combien de jours à l’avance vous devez arrêter de les prendre. Une consultation avec votre médecin traitant pourrait être requise afin d’évaluer les risques de cesser ces médicaments en prévision de votre chirurgie. Ces types de médicaments ont pour effet d’éclaircir le sang et de l’empêcher de coaguler, ce qui pourrait amener des complications péri-opératoires comme des saignements plus abondants ou incontrôlables pendant et/ou après la chirurgie.
  • Avec l’accord du chirurgien, vous pouvez prendre un sédatif si vous êtes anxieux afin de vous assurer de passer une bonne nuit de sommeil la veille de la procédure chirurgicale. Ce médicament peut être prescrit par votre chirurgien ou par votre médecin.  Un patient qui subit une chirurgie et qui est bien reposé réagira mieux durant la chirurgie et durant la période post-opératoire.

Hygiène de vie

  • Mangez un repas léger et nourrissant la journée de votre chirurgie.
  • Brossez vos dents soigneusement, en plus de passer la soie dentaire, après avoir mangé et avant la chirurgie afin que votre bouche soit le plus propre possible pour l’intervention chirurgicale. Une bouche propre diminuera le risque d’infection post-opératoire.
  • Portez des vêtements confortables et amples dont les manches se retroussent facilement afin de maximiser votre confort et de faciliter l’administration de certains médicaments intraveineux durant la procédure.
  • Si vous fumez, vous devriez cesser de fumer au moins une semaine avant votre chirurgie afin d’augmenter les chances de succès de l’intervention. Des alternatives au tabac, telles que les timbres ou les gommes contenant de la nicotine, peuvent constituer une bonne solution de rechange durant cette période. Il est d’ailleurs conseillé d’arrêter de fumer complètement après votre chirurgie.

Après la chirurgie

Immédiatement après la chirurgie

Il faudra prévoir d’être accompagné d’une personne qui pourra vous reconduire à la maison après la chirurgie, surtout si une sédation intraveineuse vous est administrée. Il ne serait alors pas sécuritaire de conduire une automobile car vous pourriez être somnolent pendant quelques heures. Il est également recommandé d’avoir quelqu’un avec vous plusieurs heures après votre retour à la maison pour vous assister en cas de besoin.

Il est fortement suggéré d’aller chercher les médicaments qui vous ont été prescrits en sortant de votre rendez-vous chirurgical afin de les avoir à la maison si la douleur apparaît ou si la prise d’antibiotiques est recommandée. Il est important de prendre tous les médicaments jugés essentiels par votre chirurgien et de les prendre tels qu’ils ont été prescrits.

De retour à la maison, il faudra suivre les instructions remises par votre chirurgien lors de l’intervention chirurgicale afin d’éviter des complications post-opératoires.

Saignements

De légers saignements peuvent survenir quelques heures après la chirurgie. Une petite quantité de sang, mêlée à la salive abondante que votre bouche produira après votre chirurgie, peut vous sembler impressionnante, mais en fait, il y a de fortes chances que ce ne soit qu’un petit suintement de sang. Pour arrêter un saignement dans la bouche, vous pouvez appliquer un morceau de gaze ou une poche de thé humide sur le site du saignement et mordre dedans ou appliquer une pression ferme avec la gaze ou la poche de thé pendant 20 minutes consécutives. Le saignement devrait s’arrêter de lui-même.

Il est recommandé de mettre une serviette sur votre oreiller lorsque vous dormez afin d’éviter de tacher l’oreiller avec la petite quantité de sang qui pourrait suinter de votre bouche.

En cas de doute ou de saignements abondants, il est toujours recommandé de contacter votre chirurgien.

Enflure

Il est normal de voir apparaître une certaine enflure (œdème) au visage après la chirurgie. Pendant les 48 premières heures post-opératoires, couchez-vous la tête surélevée par rapport au reste du corps et appliquez de la glace sur votre visage à raison de 15 minutes à la fois suivies d’une période sans glace de 15 minutes.  Vous pouvez utiliser des glaçons dans un sac de plastique, un « ice pack » ou un sac de petits pois congelés. Cela n’empêchera pas l’enflure d’apparaître, mais elle sera moins importante. Le maximum d’enflure se produit habituellement entre deux et trois jours après la chirurgie et elle diminue progressivement pour disparaître après 7 à 10 jours.

Après 48 heures, la glace ne fera pas diminuer l’enflure. Vous pouvez alors appliquer de la chaleur humide, soit à l’aide d’une serviette ou d’une débarbouillette mouillée d’eau chaude ou encore d’une bouillote remplie d’eau chaude.  Cette chaleur peut être appliquée directement sur votre visage à l’endroit où l’œdème est présent.

Douleur et inflammation

La douleur post-opératoire peut être contrôlée par la prise d’analgésiques en vente libre comme l’acétaminophène ou l’ibuprofène ou encore par des médicaments prescrits par le chirurgien. Il est recommandé de prendre une première dose de médicament contre la douleur avant que celle-ci n’apparaisse. Cela assurera votre confort lorsque l’effet de l’anesthésie locale s’estompera quelques heures après la chirurgie.

Une inflammation et une irritation de la gencive sont presque inévitables après une intervention aux gencives.

Temps de guérison

Le temps de guérison après une intervention chirurgicale aux gencives varie d’un patient à l’autre et dépend de l’état de santé général, de l’étendue de la greffe gingivale ou du nombre de dents touchées par la gingivectomie ou la gingivoplastie, et de la volonté de suivre les instructions post-opératoires du chirurgien.

N’oubliez pas que le repos est essentiel à la guérison. Durant les trois premiers jours après votre chirurgie, surtout dans le cas d’une greffe gingivale, planifiez des activités légères (comme lire ou regarder la télévision). Il faudra également diminuer vos activités physiques. Votre chirurgien pourra vous indiquer quand vous pourrez recommencer votre routine habituelle.

Diète et hygiène buccodentaire

Une diète molle est recommandée pendant quelques jours après l’intervention chirurgicale afin de permettre aux plaies de guérir correctement. Dans le cas d’une greffe de gencive, la diète molle permet au greffon de s’intégrer à la gencive existante et elle permet au palais de guérir sans stress causé par des aliments plus durs. En effet, mordre dans des aliments durs pourrait compromettre le succès de l’intervention.

Une diète normale peut habituellement être introduite de 7 à 10 jours après la chirurgie, selon les recommandations du chirurgien.  Dans certains cas, le chirurgien peut recommander de prolonger la période de diète molle, mais cette prolongation est plutôt rare.

Il est important de garder une excellente hygiène buccodentaire durant la guérison des plaies. Garder la bouche propre réduira les risques de développer une infection durant la guérison. Vous devrez par contre adapter votre brossage de dents afin de ne pas les perturber les plaies inutilement.

Risques / Complications

Malgré les compétences du chirurgien et les précautions prises avant et pendant l’intervention, toute chirurgie comporte des risques et un potentiel de complications. Néanmoins, les complications suivant une intervention aux gencives sont plutôt rares ou bénignes. Le taux de succès des chirurgies aux gencives est d’ailleurs très élevé.

Voici quelques complications possibles :

  • Infection post-opératoire : Les symptômes d’une infection sont une rougeur accompagnée de pus qui coule des plaies, une douleur sévère et incontrôlable par des analgésiques, ainsi que de la fièvre. Dans ce cas, la prise d’antibiotiques est nécessaire pour enrayer l’infection et éviter une récidive.  Vous devriez alors consulter votre chirurgien afin de faire évaluer votre condition. Dans le cas d’une greffe gingivale, il est toutefois très rare que la solution à une infection soit le retrait du greffon.
  • Perte prématurée des points de suture :  Cette complication n’occasionne habituellement aucun problème si le site chirurgical est gardé propre et que vous portez une attention particulière à ne pas le déranger durant sa guérison. En cas de doute, vous pouvez contacter votre chirurgien pour connaître les précautions à prendre.
  • Rejet du greffon : Dans certains cas, il peut arriver que le greffon fourni par un donneur externe se fasse rejeter par votre corps. Cette complication n’est pas commune, mais votre chirurgien pourra vous proposer une alternative au traitement si le greffon est rejeté.

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Greffe gingivale

Greffe alloderm

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